A Protasov Yar, il est possible de skier en plein coeur de la capitale ukrainienne. Cette petite station atypique est devenue le repaire des Kieviens avides de glisse en hiver.

(Crédits: Arthur Delacquis)

Au sens propre comme au figuré, Kiev est une ville qui ne manque pas de relief. Si l’on y ajoute le froid polaire qui s’abat en hiver, on obtient là un environnement parfait pour le ski. Et en la matière, Protasov Yar est un site de référence, au coeur de la ville. A moins d’un kilomètre du Stade Olympique de Kiev et du centre ville, cette colline est aménagée en station de ski. Les Kieviens amoureux de glisse viennent en profiter pour chausser les skis au milieu de la ville et des immeubles, dans un site accessible en bus et en métro.

Avec ses deux téléskis, ses cent mètres de dénivelée, Protasov Yar est toutefois une micro-station. Mais elle permet aux Ukrainiens de ne pas avoir à aller jusqu’aux stations plus éloignées de Kiev. Il faut compter au moins 30km pour les plus proches de la ville. Ce positionnement économique assure à la station un succès régulier: “Nous avons une moyenne de 2000 visiteurs par jour“, détaille Aleksandra Paniak, responsable communication de la station “et nous sommes ouverts en général de décembre à mars en fonction du degré d’enneigement“.

Deux pistes (une verte et une bleue selon les équivalents français) composent le petit domaine qui dispose aussi d’un canon à neige pour les années de faible enneigement. La station est ouverte jusqu’à 22h grâce à un éclairage puissant et des nocturnes sont régulièrement organisées jusqu’à 4h du matin.

L’histoire de la station remonte à la période de l’URSS. Les autorités soviétiques ont décidé en 1987 d’ajouter au complexe Olympique de Kiev (rénové pour les Jeux Olympiques de 1980) une petite zone dévolue au ski. Ainsi est née la station de Protasov Yar, située à un kilomètre du stade, en plein centre de Kiev. A la fin de la période soviétique, la station est passée dans le secteur privé. Protasov Yar est désormais exploitée par le groupe Ascania, un conglomérat industriel qui a aussi des activités dans le transport et l’énergie.

(Crédits: Arthur Delacquis)

Un ski couleur locale

Depuis le front de neige, on s’étonnera de voir un grand immeuble de verre, le Horizon Business Center, dominer de sa hauteur les pistes de ski. Les prix pratiqués étonneront aussi les habitués des stations alpines: pour 25 hryvnias (environ un euro), on peut acheter un forfait d’une heure et demie. Et pour les ukrainiens les plus économes, il est même possible de prendre un forfait moins cher qui offre l’accès au domaine mais pas aux remontées: c’est alors à pied qu’on va à la conquête de la pente.

(Crédits: Arthur Delacquis)

Des cours de ski sont aussi accessibles au public, dans deux écoles concurrentes. Sacha, moniteur de snowboard pour l’école locale détaille: “Une heure de cours coûte à peu près 400 hryvnas (15 euros environ). Ici, la plupart des gens qui viennent skier sont des débutants qui habitent Kiev” .  Lui-même a commencé le snowboard à 12 ans et a déjà voyagé en Autriche, en Allemagne et en Slovaquie pour skier. “En Ukraine, l’examen qu’il faut passer pour devenir moniteur est plus théorique que pratique”. Ainsi, Sacha n’a presque jamais chaussé de skis de sa vie, il se cantonne au snowboard et n’a jamais fait de freestyle ou de freeride. Peu de chances donc, de l’imaginer réussir le test technique français pour le monitorat qui impose de combiner (ski et snowboard) et d’être capables de belles performances en slalom spécial. Mais pour apprendre le ski aux Kieviens venus profiter de ce cadre extraordinaire, il n’en a pas besoin.