Les combustions fossiles prédominent encore dans le mix énergétique de l’Ukraine. Le pays a longtemps pu compter sur ses ressources naturelles en charbon : ses réserves sont au 7ème rang mondial. Si bien que le charbon pesait pour près de 80 % dans la consommation d’énergie du pays en 2013, suivi du gaz naturel (34%), du nucléaire (18,8%) et, très loin derrière, des énergies renouvelables (3,6%) encore peu développées dans le pays.

Un déséquilibre qui porte préjudice à l’Ukraine depuis le début de la guerre à l’est en 2014 puisque les deux régions séparatistes de Donetsk et Lougansk produisaient quelques 70 % du charbon ukrainien avant le début du conflit. Aujourd’hui, la gouvernement ukrainien est obligé d’avoir recours à de coûteuses importations auprès de la Russie et de l’Afrique du Sud.

Le pays possède aussi des gisements de pétrole et de gaz, ils couvrent respectivement 32 % et 40 % de la consommation de l’Ukraine. Elle reste, là aussi, dépendante des importations, notamment pour le gaz qui a été un enjeu de plusieurs conflits russo-ukrainiens depuis 2005.

Le gaz, élément déclencheur des tensions entre l’Ukraine et la Russie

Les efforts de l’Ukraine pour s’affranchir de la Russie en terme d’énergie ont contribué aux tensions actuelles entre les deux pays. Les désaccords sur le prix du gaz et les tarifs de transit ont touché l’Union Européenne par effet de ricochet : l’Ukraine est un point de passage majeur pour le gaz russe à destination de l’UE.

Cette question a joué un rôle essentiel dans le déclenchement du mouvement Euromaïdan et la révolution ukrainienne de 2014. La Russie ayant utilisé le prix du gaz pour faire pression sur le gouvernement ukrainien et le dissuader de signer un accord économique avec l’Union Européenne.

À ce jour et depuis le début de la Guerre du Donbass, l’Union Européenne sert de garant à l’Ukraine pour ses achats de gaz auprès de la Russie.

Victorien Willaume et Simon Chodorge