Des militants nationalistes sont venus soutenir dix camarades jugés pour des violences lors d’une manifestation en 2015. Photo : Victorien Willaume

Une poignée de militants d’extrême droite ont manifesté ce vendredi 3 février devant un tribunal de Kiev. Ils réclament la libération de dix membres de leur parti Svoboda, accusés d’avoir commis des violences. Ces militants luttent notamment contre toute forme d’autonomie des régions séparatistes pro-russes.

« Liberté pour les protecteurs de la constitution ! » Devant le tribunal Podilskiy, au centre de Kiev, une trentaine d’hommes et de femmes, âgés pour la plupart, portent des drapeaux et quelques banderoles. Ils font partie de Svoboda (ou Union panukrainienne « Liberté »), un petit parti nationaliste qui compte sept sièges de députés au Parlement.

Ils réclament depuis plusieurs mois la libération de dix de leurs militants, actuellement jugés pour des violences pendant une manifestation datant d’août 2015. D’abord créé sous le nom de Parti national social, cette formation n’a pas craint d’entretenir une confusion avec le parti nazi, avant de modérer son discours et de changer de nom, depuis l’arrivée d’un nouvel homme à sa tête en 2004, Oleh Tyahnybok. Ce qui ne l’empêche pas de prôner des idées anti-communistes, nationalistes ou d’être qualifié de “parti du terrorisme” par l’actuel ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov.

Les nationalistes de Svoboda militent aussi contre l’apprentissage de la langue russe en Ukraine. Photo: Victorien Willaume

En août 2015, ces militants du parti et d’autres sympathisants d’extrême droite avaient très violemment protesté contre une réforme constitutionnelle qui doit donner davantage d’autonomie aux territoires séparatistes pro-russes. Des heurts avaient alors éclaté, se soldant par la mort de trois policiers et une centaine de personnes blessées.

Aujourd’hui, Svoboda continue de lutter contre la plus grande autonomie accordée aux territoires séparatistes. S’y ajoutent d’autres combats, comme le refus de l’apprentissage du russe en Ukraine ou la lutte contre les droits des homosexuels.

Dans le petit cortège, Eliana, la cinquantaine, tient fièrement un drapeau ukrainien dans ses mains. Cette manifestante a étudié le français dans sa jeunesse. « Nous sommes ici pour exiger plus de liberté », confie-t-elle avant de repartir distribuer des tracts aux passants. Son sourire contraste avec les slogans scandés par le reste du groupe. « Gloire à la nation! Mort aux ennemis! », clament les manifestants. Le signe d’un pays en guerre.